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Musée du Quai Branly : Mois du film documentaire

Salon de lecture Jacques Kerchache
Mois du film documentaire 

 

Les films de terrain de jeunes ethnologues

Pour ce mois du film documentaire, la médiathèque du musée du quai Branly vous invite à quatre projections suivies de débats traitant du film comme un outil de médiation entre l’expérience de terrain ethnographique et sa restitution scientifique. Ainsi, chacun des quatre films présentés est issu d’un travail de recherche ethnologique approfondi.

Trois de ces films, réalisés dans le cadre des activités de l’atelier Le Cinéma des ethnologues (LESC/CNRS‐UMR 7186), ont en commun de traiter du pèlerinage : « Les porteurs de la Vierge », « Pèlerinages à la médaille miraculeuse » et « La mémoire à dos d’âne ». Cette « trilogie » donne à voir différentes manières de pratiquer et de filmer le pèlerinage. L’analyse de chaque film et leur mise en regard posent des questions essentielles concernant l’enquête de terrain ainsi que le processus de construction d’un objet scientifique. En effet, l’étude de pèlerinages suppose une méthodologie adaptée au caractère pluriel, contraignant et extraordinaire de ces événements de courte durée et coupés du quotidien. Au‐delà de l’apparente confusion de l’espace social et de la profusion des gestes accomplis, comment saisir la logique des comportements propre à ces moments d’effervescence collective ?

Ainsi, les diverses manières d’utiliser les outils cinématographiques amènent à se poser de multiples questions : quels types de films ethnographiques envisager ? Quels sont les apports de la méthode audiovisuelle à la pratique ethnographique ? Dans quelle mesure l’expérience cinématographique offre‐t‐elle un éclairage original sur l’expérience ethnographique et la manière de la vivre ? Ces différentes questions seront discutées sur la base des films projetés et des expériences pratiques ayant présidé à leur réalisation.


Les séances

Samedi 1er novembre 15 h (Traduit uniquement en LSF)

Les Porteurs de la Vierge.

Film réalisé par Miguel Ángel Rodríguez Lizana dans le cadre de l’atelier Le Cinéma des ethnologues, 2005, 40’

Lors du pèlerinage annuel au sanctuaire de Chalma (Mexique), la statue de la Vierge de l’Assomption, accompagnée de toutes les effigies religieuses des quartiers et des villages, est déplacée pour témoigner du changement du pouvoir local. Ce pèlerinage long de 160 kilomètres est le moment le plus important pour la communauté de Milpa Alta, située dans la banlieue sud de
Mexico. Ce film suit les porteurs de la Vierge au long d’un itinéraire sacré ancré dans la mémoire des pèlerins.


Dimanche 2 novembre 15 h Traduit en LSF - Sous-titré pour les sourds et malentendants.

Pèlerinage à la Médaille Miraculeuse.
Film collectif de l’atelier Le Cinéma des ethnologues, sous la dir. de Baptiste Buob, idée originale de Sophie Bouffart, 2005, 50’

Installée en plein cœur de Paris, la chapelle de la médaille miraculeuse est un lieu de pèlerinage de renommée internationale. Tous les ans, près de deux millions de personnes viennent visiter cette chapelle où, au 19e siècle, la Vierge apparut à plusieurs reprises à Catherine Labouré, une des sœurs de la Compagnie des filles de la charité. Lors d’une de ses apparitions, la Vierge demanda à Catherine Labouré de faire frapper une médaille. Celle‐ci deviendra la « médaille miraculeuse » qui fait aujourd’hui toute la notoriété du lieu. La journée de pèlerins français originaires du nord de la France, organisée par le doyen Jules Rocou, sert de trame à ce film. Parallèlement, les coulisses de la chapelle sont présentées par la responsable de l’organisation des pèlerinages, sœur Marie‐Madeleine.
_ Entre ces deux fils conducteurs, la caméra de Pèlerinages à la médaille miraculeuse accompagne d’autres pèlerins : des Guatémaltèques pour qui la chapelle est une étape parmi d’autres dans un large circuit international de lieux d’apparition de la Vierge ; des personnes se rendant à pied à la chapelle sous les auspices d’un organisateur particulièrement animé par la foi mariale ; des Polonais bruxellois venus célébrer une messe. Tout en découvrant un lieu singulier, le
spectateur perçoit diverses manières de pratiquer et de penser le pèlerinage.


Samedi 8 novembre 15 h Traduit en LSF - Sous-titré pour les sourds et malentendants.

Hors les murs. Film réalisé par Alexandre Leborgne et Pierre Barougier, 2005, 82’

Fondée aux Philippines en 1904 par l’administration coloniale américaine, Iwahig est une ferme pénale quasiment autosuffisante et autogérée par des prisonniers de longue peine devenus agriculteurs, pêcheurs, éleveurs, surveillants… Après avoir été testés durant plusieurs mois, ils peuvent se déplacer librement dans les 38 000 hectares de jungle, de montagnes et de côte sauvage de la prison et faire venir vivre leurs familles avec eux.
Aucune barrière ne les sépare des villages voisins dans lesquels ils vont parfois se balader. Leur organisation très hiérarchisée, basée sur des promotions au mérite et à l’ancienneté, permet une intervention minimum du personnel pénitentiaire. Alejandro, chef parmi les chefs, nous immerge dans cet univers à travers les portraits de quelques codétenus : Toting qui part pêcher en mer sans gardes et revient sur son passé. Denelyn et Jenelyn, deux adolescentes dont le père est condamné à perpétuité et qui se débrouillent pour faire vivre la famille. Rodrigo, le jeune prisonnier battu par un employé… Système carcéral unique au monde, Iwahig nous ouvre des horizons.


Dimanche 9 novembre 15 h Traduit en LSF - Sous-titré pour les sourds et malentendants.

La mémoire à dos d’âne.
Film réalisé par Romain Simenel dans le cadre de l’atelier Le Cinéma
des ethnologues, 2008, 28’

Accompagné d’un jeune de son village et d’un ethnologue, le vieil oncle Mbark se rend à dos d’âne pour la dernière fois de sa vie au moussem (fête annuelle) d’un célèbre saint côtier de la région de Sidi Ifni au Maroc. Le long du chemin montagneux qui les mène au grand souk organisé autour du mausolée du saint, le vieil oncle, ancien caravanier, relate aux deux jeunes les grands épisodes de l’histoire locale, de la présence des chrétiens à la venue d’Ali, gendre du prophète Mohammed.

Autant poète que provocateur, le vieil oncle investit la place sacrée du mausolée à dos d’âne et sa présence suscite dans la foule plus de railleries que de manifestations de respect. La mémoire à dos d’âne expose la complexité du statut de ces détenteurs de la mémoire de l’histoire locale, à la fois figures charismatiques de la société et hommes relégués à sa marge.

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