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Emmanuelle Seigner - À corps perdu

Cinéma

Corps à corps

Fatale dans Lunes de fiel (1991), mystérieuse Parisienne dans Frantic (1987), objet de désir dans Le Sourire (1993), la belle EMMANUELLE SEIGNER nous livre une interprétation troublante et pleine de grâce dans le récent Corps à corps. Un film étrange, déroutant, « un ovni qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, ce qui n’est pas pour me déplaire », explique l’actrice.

À aucun moment Emmanuelle Seigner n’a hésité à se lancer dans ce projet, même s’il s’agissait d’un premier long-métrage pour François Hanss et Arthur-Emmanuel Pierre : « J’aimais le rôle, j’avais vu des courts métrages des réalisateurs et puis, au contraire, ça m’excitait de travailler à un premier film. »

Oscillant entre conte de fées et cinéma fantastique, Corps à corps nous fait plonger dans l’univers de Laura, une strip-teaseuse (Emmanuelle Seigner) acceptant de suivre le riche et solitaire Marco (Philippe Torreton) pour changer de vie. Après avoir dansé pour la dernière fois au Moon Side, Laura est victime d’un grave accident de voiture. Elle sort d’un coma profond sourde et couverte de cicatrices. À son réveil, Marco l’attend et l’aide à s’accepter un peu plus tous les jours. Loin de tous, les deux vivent un bonheur parfait, jusqu’au jour où Laura découvre l’obscur passé de celui qu’elle croyait aimer. L’histoire d’amour tourne alors au cauchemar. Un rocambolesque thriller à la française proposant une approche on ne peut plus étrange des maux du corps et de l’esprit.

Emmanuelle Seigner a été immédiatement séduite par le rôle que lui offrait le scénario de Corps à corps. Elle y voyait la possibilité de faire « un vrai travail d’acteur ». « Vous savez, un bon rôle, ce n’est pas facile à trouver. Pour moi, c’est quand il y a beaucoup de conflits, de changements. Quand un personnage commence d’une manière et finit d’une autre. Et là, c’est vraiment le cas... Au début, Laura est une fille de la rue, et puis elle s’ouvre à la confiance, à l’amour... J’ai décidé d’en faire un personnage un peu naïf, enfantin, parce que je me disais que ce serait plus facile d’adhérer à tout ce qu’elle croit par la suite.

Et en même temps, j’en ai fait quelqu’un d’assez fort parce qu’il faut qu’elle s’en sorte. »
L’accident de voiture, les cicatrices, la perte de l’ouïe font évoluer la psychologie du personnage. Le silence de Laura la rapproche un peu plus d’elle-même, de l’abîme de ses sentiments.

Pour Emmanuelle Seigner, la surdité a été la « dimension-clé » de l’interprétation. « J’ai fait un grand travail là-dessus. J’ai côtoyé des gens qui étaient sourds, je les ai beaucoup observés. J’ai appris le langage des signes pendant six mois. Et puis je suis allée au laboratoire de la surdité pour me faire fabriquer des prothèses que j’ai portées pendant toute la période du tournage. J’étais donc vraiment sourde... ce qui m’a beaucoup aidée parce que je ne voulais pas faire semblant. Je voulais que mon langage du corps soit différent. Quand vous rencontrez quelqu’un qui est sourd, vous ne le savez pas tout de suite. C’est en l’observant, en communiquant avec lui... sa manière de bouger la tête, de vous regarder.

Et ça, je ne voulais pas le jouer. Je voulais que ce soit sincère, vrai... Cette histoire étant totalement improbable, je pensais que ce serait plus intéressant si j’essayais de jouer mon personnage de la manière la plus réaliste possible. »

Une approche dont on avait bien besoin pour croire à cet univers insolite, éclaté : « En fait, il y a un peu trois films dans Corps à corps. Il y a le début qui est quelque peu conte de fées, lyrique. Après, on passe à quelque chose de réaliste, et tout d’un coup ça devient extrême... Un peu film d’horreur, en fait. » Un mélange décousu, aux rebondissements invraisemblables, qui aura été très critiqué en France. Or, c’est ce style même qui a séduit l’actrice : « Moi, c’est ce mélange de genres que j’aime. Ça me plaît parce qu’au début, on ne sait pas du tout ce qu’on va voir... Je trouve cela original. C’est sûr que ce n’est pas un film conventionnel et peut-être que c’est ça qui dérange. »

La direction « exigeante » de François Hanss aura tout de même permis à Emmanuelle Seigner d’interpréter son rôle avec force et grâce. « Je pense que Corps à corps est mon meilleur travail... C’est un petit film mais qui m’a beaucoup apporté, une occasion de montrer ce que je pouvais faire. Les gens ont vu quelque chose en moi qu’ils ne soupçonnaient pas et j’ai eu beaucoup de propositions par la suite. » L’actrice est d’ailleurs en voie d’explorer de nouveaux registres. Elle travaillera dès octobre à une comédie d’Yvan Attal avec Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg. Espérons que ce film soit à la hauteur de ses talents.

Publié le 31 juillet 2003
Auteur : Séverine Kandelman
Source : Voir.ca

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