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La caravane de l’étrange

Télévision

L’histoire
La bataille ancestrale entre le bien et le mal va prendre place au coeur de l’Amérique. Nous sommes en 1934, Oklahoma, en pleine Grande Dépression. Un désert de poussière dans un temps de sécheresse et de pestilence. Ces fléaux sont les signes de la colère de Dieu et annonciateurs de l’apocalypse.
Au beau milieu de cette terre aride, une bicoque est plantée là. A côté, un jeune homme est en train de creuser un trou. Il enterre sa mère qui vient de mourir dans sa maison, quand jaillit de nulle part un homme perché sur un énorme bulldozer. Il veut passer coûte que coûte et tout démolir. Parce que cette terre appartient désormais à la Société du Commerce.
Et le type agressif ne veut pas discuter. Surgit curieusement en plein no man’s une file interminable de caravanes de forains. Ils vont aider le jeune homme et offrir à sa mère une célébration digne de ce nom. Juste après le bulldozer détruira tout. Alors quand on a tout perdu, en ces temps de famine et de misère, pourquoi ne pas suivre « La caravane de l’étrange » ?
Le jeune homme s’appelle Ben Hawkins. Il a 18 ans, traîne un reste de chaînes aux pieds et son air mystérieux intrigue ces forains pourtant habitués à la différence. Entre un homme serpent, un nain, des soeurs siamoises, une femme voyante réduit à l’état végétatif, qui communique avec les autres par télépathie via sa fille, une femme à barbe et un aveugle qui voit mieux et davantage que personne, le jeune n’a rien d’exceptionnel. A priori...

Les personnages
Ben Hawkins : Jeune homme troublant de 18 ans. Doué d’étranges pouvoirs et d’étranges visions. Il rejoint le cirque itinérant alors qu’il vient d’enterrer sa mère en plein désert d’Oklahoma. Et son arrivée ne laisse personne indifférent.
Brother Justin Crowe : Révérend méthodiste dans la ville de Mintern en Californie. Un homme bon dévoué à ses paroissiens et aux défavorisés. Il vit avec sa soeur Iris qui l’adore. Orphelins, tous deux ont été élevés dans la foi par le révérend Norman Balthus. Justin partage les mêmes visions que Ben.
Iris Crowe : Soeur ainée du révérend Justin. Veille sur lui depuis la mort terrible de leur mère, Plemina, dans un accident de train. Elle a travaillé comme domestique pour permettre à son frère d’entrer au séminaire. Droite, loyale, protectrice, elle est au service de son frère et ferait tout pour lui.
Samson : Le très respecté nain qui dirige la fête foraine.
Clayton Jones « Jonesy » : Bras droit de Samson, chef de la main d’oeuvre. Un homme fort et entêté.
Sofie : Fille de la végétative Apollonia. Elle est une des seules à communiquer par télépathie avec elle et semble entendre sa voix.
Lodz : Aveugle qui voit beaucoup plus de choses que le commun des mortels. Il est capable de lire dans les pensées d’une personne en la touchant, ou de dire, rien qu’en prenant un objet dans sa main à qui il appartient, où il a été acheté... Avant Samson, Lodz dirigeait la fête foraine. Aujourd’hui, c’est un alcoolique accro à l’absinthe.
Lila : La femme à barbe, confidente de Lodz.
Apollonia : La mère de Sofie. Son corps est mort à la naissance de sa fille mais elle est encore mentalement lucide et garde un contact psychique avec Sofie.
Ruthie : Ancienne charmeuse de serpents, Ruthie est la mère de Gabriel, un costaud. Quiconque parvient à mettre Gabriel au tapis gagne 5 dollars.
Felix « Stumpy » Dreifuss : Il rencontré sa femme et partenaire Rita Sue Menninger en travaillant sur la Crazy Horse Revue. Puis le couple et son numéro de danseuse s’en est allé vers d’autres compagnies. Leurs 2 filles ont rejoint la mère sur scène pour un show très dénudé appelé le Gay Paris.
Libby Dreifuss : Née en 1914, elle est l’aînée des filles Dreifuss.
Dora Mae Dreifuss : Née en 1916, la seconde fille Dreifuss.
Gecko : L’homme serpent, le meilleur ami de Dora Mae. Atteint par une maladie de peau qui lui donne l’apparence d’un lézard, Gecko est extrêmement égocentrique.
Gabriel : Le fils de Ruthie, un garçon grand et fort qui a le Q.I d’un gamin de 6 ans.
Alexandria et Caladonia : Les soeurs siamoises.
Révérend Norman Balthus : Lui et sa femme ont recueilli Justin et Iris quand ils étaient enfants. Très respecté au sein de l’Eglise Méthodiste, Balthus a soutenu moralement et financièrement Justin au cours de son apprentissage et de sa carrière.

Le casting
Nick Stahl (Ben Hawkins)
Clancy Brown (Frère Justin Crowe)
Michael J. Anderson (Samson)
Amy Madigan (Iris Crowe)
Tim DeKay (Clayton Jones)
Patrick Bauchau (Profeseur Lodz)
Clea DuVall (Sofie)

Les interviews

Interview de Daniel Knauf, créateur de la série par HBO

HBO : « La caravane de l’étrange » est une toute nouvelle série ; racontez-nous de quoi il est question.
DANIEL KNAUF : Dans les grandes lignes il s’agit d’un récit épique sur le bien et le mal, qui se déroule dans le cadre d’une fête foraine qui se déplace dans le Dust Bowl des années 30, entre les deux guerres.

HBO : Ce n’est pas un décor que l’on voit souvent à la télévision ; comment l’idée vous est-elle venue ?
DANIEL KNAUF : Et bien, j’ai toujours été fasciné par les fêtes foraines, depuis que je suis tout petit. J’adore le fait qu’elles aillent dans toutes les villes, c’est une sorte d’expérience universelle. Elles ont un côté dangereux, un aspect romantique, et miteux aussi, qui m’a toujours électrisé. Je suis également depuis toujours grand amateur de narration épique et passionné par l’idée de créer une mythologie à partir de quelque chose. Notre pays est jeune et à peu près la seule chose que nous ayons dans notre mythologie c’est l’Ouest ; l’idée de creuser dans notre histoire pour découvrir une autre époque et l’utiliser comme support pour élaborer un récit épique semblait une bonne idée.

HBO : Vous parlez de récits épiques. Quels sont les récits ou mythes qui vous ont inspiré ?
DANIEL KNAUF : Je suis un grand fan de Tolkien, et de Dickens, et de tous ceux qui racontent de grandes histoires. J’ai toujours voulu travailler sur de grands canevas comme ceux-ci. En réalité, le seul support qui permette de raconter une épopée sur pellicule c’est la télévision. La première version de « La caravane de l’étrange » était un essai de scénario en 1992. Je n’aurais pu aller nulle part avec cette histoire. « La caravane de l’étrange » ne fonctionnerait pas comme une série TV standard mais elle ne fonctionnerait certainement pas non plus si c’était un film. Je l’ai mise de côté en pensant que peut-être un jour je m’en servirai pour en faire un roman, vous voyez ? Travailler avec HBO c’est la possibilité de prendre toute la richesse d’un roman - tout le travail sur les personnages, toute la narration et toute la complexité d’un roman - et de la transposer sur pellicule.

HBO : Avez-vous rencontré de nombreuses difficultés en essayant de transformer ce genre d’épopée tentaculaire en série ?
DANIEL KNAUF : Non, pas vraiment. Cela devient de plus en plus facile au fur et à mesure. J’ai toujours su quels étaient les temps forts du récit et je connais la fin de l’histoire. C’était tout ce qu’il y avait entre qui me faisait un peu peur parce qu’on ne sait pas où vont ces personnages d’un temps fort à l’autre.
Quand nous avons commencé à écrire les épisodes et que nous avons vu les acteurs les jouer, les idées sont parties de là. Vous savez, un temps fort ce n’est pas forcément une chose qu’on a écrite, ça peut être une chose qu’on a vue pendant les rushes. Par exemple, [le réalisateur] Rodrigo Garcia a saisi un plan d’Amy Madigan, pendant la séquence sordide des pièces avec Eleanor. Ce n’était pas dans le script mais quand nous en avons parlé, nous nous sommes dit, et bien, qu’est-ce que ça donnerait si elle voyait ça ? Et tout d’un coup vous commencez à penser à une direction différente à un micro-niveau.

HBO : Vous parlez de la scène du pilote où Iris, le personnage d’Amy Madigan, voit une paroissienne vomir un flot de pièces d’argent devant Frère Justin ...
DANIEL KNAUF : En fait, elle ne la voit pas vomir les pièces, mais elle est là, vous voyez. Donc ce que je pense qu’Iris voit c’est une femme prise de convulsions. Dans les grandes lignes, la vision de la femme vomissant des pièces est une hallucination partagée entre Frère Justin et Eleanor. Ce que je veux dire c’est que ces deux personnages sont les seules personnes à voir ça. Je pense que si on était dans cette pièce en assistant à la scène, on aurait simplement l’impression de voir une femme prise de spasmes, et ils seraient tous les deux horrifiés sans raison. A cause du genre de pouvoir dont Frère Justin est capable, du moins à ce point de sa carrière, c’est réellement un genre de pouvoir très intime, c’est une situation seul à seul.

HBO : C’est difficile, quand on présente un nouveau programme, notamment quand c’est un programme d’un genre très différent, de communiquer ce qu’on a à l’esprit ?
DANIEL KNAUF : Et bien, c’était impossible à résumer. On ne peut pas décrire le contenu de cette série. C’est comme une blague quand les gens viennent vous voir et vous demande, bon, sur quoi vous travaillez en ce moment ? Comment peut-on décrire cette série ? Je pense qu’une réponse facile serait : « Les Raisins de la colère » à la rencontre de David Lynch. Plutôt que de résumer la série, j’ai créé un livre, un document de vingt ou trente pages. Ce n’est pas réellement une bible, il a été écrit comme si un professeur avait recherché et rassemblé tous ces articles et entretiens, rapports de police et documents. J’ai créé cette chose qui traitait tous nos personnages comme s’il s’agissait d’un documentaire. Comme s’il s’agissait d’une véritable fête foraine (...)

HBO : Un des aspects les plus inhabituels de « La caravane de l’étrange » : ses seconds rôles de phénomènes de foire. Vous pensez que les gens sont fascinés par les monstres ?
DANIEL KNAUF : En fait, je suis un grand fan de Ted Browning et de son film Freaks. Au début, on peut regarder ce film en se disant que c’est un film d’exploitation, ce sont de vrais phénomènes de foire. Mais dix minutes après, on les voit comme des êtres humains et ils deviennent tout simplement des personnages. Je pense que c’est également ce qui va arriver dans notre histoire. Il ne faudra pas longtemps pour qu’on oublie la bizarrerie de certains personnages. (...) Il y a un lien, il me semble, entre le public et un monstre. Cela crée un drame de voir quelqu’un si extraordinaire et qui a les mêmes problèmes, qui affronte les mêmes difficultés et qui a besoin du même amour que vous. Et qui a besoin de donner le même amour que vous. Et j’espère que les gens s’attacheront à ça.

HBO : Avec cette idée à l’esprit, pensez-vous qu’il y a un thème à cette première saison ?
DANIEL KNAUF : A ce stade, je pense qu’il s’agit d’aliénation, ce que c’est d’être aliéné du reste de l’espèce. Ben est un personnage totalement mis à l’écart de bien des façons. Frère Justin également. Ça parle de ce que c’est d’être mis à l’écart même de soi-même. Et je pense que Frère Justin et Ben, au travers de cette première saison, commencent à découvrir qui ils sont.
On trouve également le thème de la famille et de ce que c’est qu’être une famille et essayer d’établir un lien avec les gens, et leur faire confiance et finir par être trahis par eux (...)

Interview de Rodrigo Garcia, réalisateur du pilote de la série.

HBO : Dans une lutte entre le bien et le mal, est-ce difficile de rythmer la série, de savoir quand elle se termine ?
RODRIGO GARCIA : Je pense que plus l’histoire se rapprochera de notre monde, plus elle devra se terminer. Parce que, voyez-vous, plus elle devient contemporaine, plus elle peut perdre de son côté mystique. Pour le moment, elle se déroule dans les années 30, époque très difficile. C’est une période suffisamment proche pour sembler familière et pourtant suffisamment éloignée pour qu’on puisse y introduire de la magie et qu’elle semble toujours, sinon plausible ... du moins cela suspend certainement l’incrédulité.

HBO : L’époque joue presque un rôle propre dans cette série.
RODRIGO GARCIA : Elle joue un grand rôle. Parce que, bien évidemment, nous prenons l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire américaine et je pense que cette période, à cause de sa pauvreté, à cause du temps, du mélange de l’ancien et du nouveau, du moderne et du pré-moderne, constitue un terrain très fertile pour les prophètes, bons et mauvais. Il y a la radio, les gens peuvent commencer à communiquer et les idées peuvent commencer à voyager. Mais il s’agit d’une période suffisamment primitive pour que certaines choses soient mal comprises. Le mariage entre la science moderne et la superstition est toujours présent. Et selon moi, avec la grande pauvreté, cette période est particulièrement bien choisie pour raconter l’histoire de deux prophètes américains (...)

HBO : Parlez-nous des éléments surnaturels de la série. Opposez-vous dans votre approche les effets spéciaux aux effets psychologiques ?
RODRIGO GARCIA : C’est toujours la partie délicate. Comment introduire dans un monde fondamentalement basé sur un monde réel, le monde des années trente, qui n’est pas si éloigné, comment introduire de la magie ? Ma propre approche est d’essayer de l’introduire de manière aussi naturelle que possible. Sans entrer dans le monde magique avec gros effets, grosse musique, gros effets numériques. Simplement laisser la magie se produire exactement comme s’il s’agissait d’un élément dramatique comme un autre dans une scène. Mais parfois c’est une grande part de magie qui survient et nous devons compter sur les effets numériques. Nous essayons de les incorporer dans le monde de telle sorte qu’au moins chaque personnage de « La caravane de l’étrange » croie en cette magie. Chaque personnage mène une existence très routinière mais chacun accepte cet autre monde de l’inconnu, du magique, des pouvoirs secrets. Et, espérons-le, si les personnages peuvent le tenir pour acquis, le public aussi le tiendra pour acquis. Voyez-vous, personne parmi les forains ne s’étonne du surnaturel. Ils l’acceptent et espérons que le public l’acceptera aussi (...)

HBO : Vous avez travaillé relativement souvent avec HBO. Pouvez-vous établir une comparaison quelconque entre cette série et Six pieds sous terre ou l’une des autres séries sur lesquelles vous avez beaucoup travaillé ?
RODRIGO GARCIA : Je pense que tous les programmes d’HBO ont certaines qualité en commun. HBO encourage les personnes qui les créent à prendre beaucoup de risques. Je sais que c’est quelque chose que certaines grandes chaînes prétendent vouloir faire. Mais sur le câble on a beaucoup plus de liberté avec les sujets pour adultes, les situations d’adultes, avec le langage. J’ai travaillé sur « Six Feet Under », sur « Les Sopranos », sur « La caravane de l’étrange ». Et je dirais que toutes ces séries ont en commun le désir d’HBO d’aller toujours plus loin. Vous savez, je ne pense pas qu’il y ait une recette pour les séries produites par HBO, sauf ce désir d’aller toujours plus loin. (...)

HBO : Ça m’intéresse parce que la plupart des gens mentionnent le langage obscène, les scènes dénudées et ce genre de choses. Mais pour la plupart il n’y en a que très peu dans ces séries.
RODRIGO GARCIA : Il n’y en a que très peu. C’est vrai. Je ne parle pas de situations sexuelles, je parle de situations d’adultes. Je veux dire amener les problèmes des adultes et les situations dans lesquelles ils se trouvent sur un plan réel. Dramatiser les idées, dramatiser les problèmes au point où on voit que les choses ne peuvent pas toujours fonctionner (...)

La diffusion
La série s’est arrêtée après 2 saisons et 24 épisodes. Elle est diffusée en France sur Jimmy (VM).
Pour savoir si la série est diffusée en ce moment, cliquez ici et accédez au calendrier du site « AlloCiné séries ».

Les liens
- Site de la chaîne Jimmy
- Site de la chaîne américaine HBO (en anglais)
- Carnivale-fr.com (en français)
- In1934.free.fr (en français)

- et beaucoup d’autres encore

Les DVD sous-titrés
- Saison 1

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