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Absolutely Fabulous

Télévision

par Tim Randall le 23/09/03. (Traduction)


Jennifer Saunders et Joanna Lumley trinquent en buvant du vin et rient de bon coeur. On s’attend presque à les voir porter du Lacroix et tomber du haut de l’escalier. Mais elles ne sont ni Edina, gourou RP sans talent, ni Patsy, infâme ivrogne. Elles ne titubent pas. Elles ne se goinfrent pas de pilules. Pas de « Sweetie Darling ». Aucun Bolly (champagne Bollinger) à l’horizon. Elégamment vêtue d’un tailleur pantalon noir, Jennifer Saunders est assise à côté d’une Joanna Lumley portant un ensemble de soie du plus bel effet. Pas de catastrophe vestimentaire en vue.

L’alcool est là pour fêter le premier jour de répétition de la nouvelle saison de la comédie à succès Absolutely Fabulous, actuellement en cours de production à Londres. Malgré la chaleur, les deux actrices semblent calmes et détendues tandis qu’elles prennent leur déjeuner dans la chaleur étouffante de la salle de répétition. « Quel glamour » s’exclame Jennifer en gesticulant dans la pièce non climatisée et dénuée de tout attrait perdue quelque part dans le labyrinthe du BBCTV Centre.

Tandis que Jennifer prend du sushi et que Joanna pèle une pêche, elles expliquent que les gens sont souvent déçus de découvrir qu’elles ne ressemblent pas du tout à leurs personnages déjantés. « Les gens s’attendent à nous voir boire du champagne et fumer sans arrêt, excessives en permanence » déclare Jennifer en sirotant son vin rouge. « En réalité nous ne sommes même pas moitié aussi intéressantes. »

« C’est quand même un bon côté, du coup les gens pensent qu’ils ne peuvent nous offrir rien moins que du champagne » ajoute Joanna. Elles éclatent de rire. Jennifer poursuit : « C’est vrai. Même dans les avions. Je repars toujours avec une bouteille de champagne gratuite. Le steward vient toujours me voir avec un clin d’oeil et murmure : « Tiens chérie. »

« Impoli de refuser » convient Joanna.

A l’origine basée sur un sketch (mettant en scène Jennifer et sa partenaire Dawn French) sur une mère déjantée et sa fille grincheuse, Ab Fab est devenue un phénomène mondial. Aujourd’hui immédiatement reconnues partout où elles vont, les deux actrices ont été l’an dernier assaillies par la foule quand elles ont filmé la Gay Pride dans les rues de Manhattan.

« Je n’oublierai jamais l’accueil que nous avons reçu ce jour là à New York. Je ne me souviens pas qu’on ait été assaillies par la foule auparavant, mais on a eu un bon aperçu de ce que ça pouvait donner à New York. C’est difficile de savoir comment réagir, on n’a pas ce genre de chose chez nous. Il faut juste sourire poliment et dire « Chérie » un nombre incalculable de fois ! » déclare Jennifer, 45 ans.
« C’était faaa-aantastique » acquiesce Joanna en riant. « Les gens s’évanouissaient presque et tendaient les mains vers Jennifer en criant « Je l’ai touchée ! Je l’ai touchée ! » Sans mentir, ils pleuraient sans se cacher ! Nous avons attiré une attention énorme. On était en train de filmer et les gens s’approchaient en hurlant « Oh, Seigneur, vous êtes les deux gonzesses d’Ab Fab ? Je veux juste vous dire merci pour votre travail et pour me donner tant de plaisir. »

Comment s’explique le méga-succès remporté par cette sitcom ? « Et bien, je pense sincèrement qu’elle possède un aspect très festif, inhabituel à la télévision en ce moment » affirme Joanna, 57 ans. « Contrairement aux personnages d’une série dramatique se déroulant dans un hôpital ou dans le milieu de la police, qui doivent très souvent faire face à des sujet sombres et déprimants, nous avons à faire à des choses bien plus inimaginables et excessives. C’est drôle de regarder des gens se comporter de manière si indécente. »

Au fil des ans, les événements et les modes sont allés et venus ; Edina a tout essayé avec des conséquences désastreuses : mélopées hippies, voyance, renaissance, botox, désintoxication, collagène, strings Versace, combinaisons Lacroix, vestes d’équitation Burberry, pantalons étroits ou à pattes d’éléphant. Aujourd’hui, Jennifer reconnaît pourtant que la mode déjantée est plus rare dans le monde qu’elle le souhaiterait.

« Les vêtements ne sont pas terribles en ce moment » déplore Jennifer. « On ne peut plus vraiment faire la différence entre Top Shop (marque de prêt à porter tendance et bon marché, NdT) et les concepteurs. Je ne comprends rien au look actuel. C’est du genre retour dans les années 80 parce qu’ils pensent ne pas prendre de risques de cette façon, c’est avec ça qu’ils ont grandi, en regardant Drôles de dames. Je suis désolée mais un pantalon en tissu ruche je ne trouve pas ça très fun ! »

Joanna, qui écrit en ce moment son autobiographie, acquiesce en hochant la tête et montre du doigt ma chemise noire et mon jean crasseux : « Sans vous offenser, mais dans les grandes lignes vous pourriez défiler sur l’estrade avec ces vêtements. C’est comme ça que le vêtements sont tous les jours en ce moment. Ce sont des choses que vous avez de toute façon. Ce n’est que du tissu ; un vieux tee-shirt et une vielle jupe défraîchie qui n’est pas à la bonne taille. Et on se dit, c’est pas de la mode » ajoute-t-elle en tirant sur une cigarette.

Jennifer poursuit : « Mais quand on voit de beaux vêtements, superbement coupés et qui tombent bien, on sait qu’on pourra les porter pendant les dix prochaines années. Le problème avec Edina c’est que c’est peut-être un bel ensemble, mais elle le portera plusieurs tailles trop petites. C’est pour ça que tout ce qu’elle porte, même si c’est le plus beau vêtement du monde, aura toujours un air épouvantable. Elle a beau en rêver, il très peu probable qu’elle soit un jour la star des médias, la célébrité qu’elle meure d’envie d’être. »

Autre chose qui ne convient pas à Jennifer : notre obsession actuelle pour les personnages célèbres dans les magazines et à la télévision. « C’est devenu incontrôlable. On se dit, mais qu’est-ce qui se passe ? Tout le monde est amalgamé dans une sorte de bouillie de célébrité géante à l’eau de rose et je ne suis pas du tout de ce monde là. »

Jennifer ne joue certainement pas le jeu de la célébrité. « Tu n’as fait Hello qu’à peu près quatre fois non ? » demande Joanna d’un air impassible. Jennifer éclate de rire et Joanna se penche et ajoute sur le ton de la confidence : « Aucune chance, elle est très secrète celle-là » soupire-t-elle.

En fin de compte pour Jennifer l’important c’est le plaisir qu’elle prend à écrire des comédies et non pas le désir de devenir célèbre. Dans le monde d’Ab Fab, c’est elle la patronne. Elle supervise tout le processus, depuis les textes jusqu’aux costumes et aux photos promotionnelles. Elle n’arrête jamais, ce qui signifie moins de temps pour son comédien de mari, Adrian Edmondson, et leurs filles Baettie, Elia et Preya. Elle termine : « Heureusement, les enfants me soutiennent beaucoup et ont l’air d’aimer ce que je fais. »

Et ça, Edina ne pourra jamais en dire autant.

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