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La caravane de l’étrange

Télévision


Le réalisateur du pilote de « La caravane de l’étrange » parle des acteurs et de l’art de mettre de la magie sur pellicule et dit pourquoi les films pour adultes ne se terminent pas toujours par des embrassades. (...)

HBO : Dans une lutte entre le bien et le mal, est-ce difficile de rythmer la série, de savoir quand elle se termine ?

RODRIGO GARCIA : Je pense que plus l’histoire se rapprochera de notre monde, plus elle devra se terminer. Parce que, voyez-vous, plus elle devient contemporaine, plus elle peut perdre de son côté mystique. Pour le moment, elle se déroule dans les années 30, époque très difficile. C’est une période suffisamment proche pour sembler familière et pourtant suffisamment éloignée pour qu’on puisse y introduire de la magie et qu’elle semble toujours, sinon plausible ... du moins cela suspend certainement l’incrédulité.

HBO : L’époque joue presque un rôle propre dans cette série.

RODRIGO GARCIA : Elle joue un grand rôle. Parce que, bien évidemment, nous prenons l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire américaine et je pense que cette période, à cause de sa pauvreté, à cause du temps, du mélange de l’ancien et du nouveau, du moderne et du pré-moderne, constitue un terrain très fertile pour les prophètes, bons et mauvais. Il y a la radio, les gens peuvent commencer à communiquer et les idées peuvent commencer à voyager. Mais il s’agit d’une période suffisamment primitive pour que certaines choses soient mal comprises. Le mariage entre la science moderne et la superstition est toujours présent. Et selon moi, avec la grande pauvreté, cette période est particulièrement bien choisie pour raconter l’histoire de deux prophètes américains (...)

HBO : Parlez-nous des éléments surnaturels de la série. Opposez-vous dans votre approche les effets spéciaux aux effets psychologiques ?

RODRIGO GARCIA : C’est toujours la partie délicate. Comment introduire dans un monde fondamentalement basé sur un monde réel, le monde des années trente, qui n’est pas si éloigné, comment introduire de la magie ? Ma propre approche est d’essayer de l’introduire de manière aussi naturelle que possible. Sans entrer dans le monde magique avec gros effets, grosse musique, gros effets numériques. Simplement laisser la magie se produire exactement comme s’il s’agissait d’un élément dramatique comme un autre dans une scène. Mais parfois c’est une grande part de magie qui survient et nous devons compter sur les effets numériques. Nous essayons de les incorporer dans le monde de telle sorte qu’au moins chaque personnage de « La caravane de l’étrange » croie en cette magie. Chaque personnage mène une existence très routinière mais chacun accepte cet autre monde de l’inconnu, du magique, des pouvoirs secrets. Et, espérons-le, si les personnages peuvent le tenir pour acquis, le public aussi le tiendra pour acquis. Voyez-vous, personne parmi les forains ne s’étonne du surnaturel. Ils l’acceptent et espérons que le public l’acceptera aussi (...)

HBO : Vous avez travaillé relativement souvent avec HBO. Pouvez-vous établir une comparaison quelconque entre cette série et Six pieds sous terre ou l’une des autres séries sur lesquelles vous avez beaucoup travaillé ?

RODRIGO GARCIA : Je pense que tous les programmes d’HBO ont certaines qualité en commun. HBO encourage les personnes qui les créent à prendre beaucoup de risques. Je sais que c’est quelque chose que certaines grandes chaînes prétendent vouloir faire. Mais sur le câble on a beaucoup plus de liberté avec les sujets pour adultes, les situations d’adultes, avec le langage. J’ai travaillé sur « Six Feet Under », sur « Les Sopranos », sur « La caravane de l’étrange ». Et je dirais que toutes ces séries ont en commun le désir d’HBO d’aller toujours plus loin. Vous savez, je ne pense pas qu’il y ait une recette pour les séries produites par HBO, sauf ce désir d’aller toujours plus loin. (...)

HBO : Ça m’intéresse parce que la plupart des gens mentionnent le langage obscène, les scènes dénudées et ce genre de choses. Mais pour la plupart il n’y en a que très peu dans ces séries.

RODRIGO GARCIA : Il n’y en a que très peu. C’est vrai. Je ne parle pas de situations sexuelles, je parle de situations d’adultes. Je veux dire amener les problèmes des adultes et les situations dans lesquelles ils se trouvent sur un plan réel. Dramatiser les idées, dramatiser les problèmes au point où on voit que les choses ne peuvent pas toujours fonctionner (...)

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