Medias-soustitres

Le portail de référence sur le sous-titrage

Accueil > Télévision > Séries / Interviews > Le miroir de l’eau

Le miroir de l’eau

Line Renaud est Suzanne

Télévision
JPEG - 26.2 ko
France2 / Gilles Scarella

Suzanne Castella : un rôle à contre-emploi pour Line Renaud. Une femme têtue, froide, parfois blessante. Mais aussi une mère meurtrie, enfermée dans le silence. Celui du secret. Explications de son interprète.

C’est la première fois que vous tournez dans une fiction d’été...
Eh oui ! C’est mon premier feuilleton d’été (rires). Une belle saga, bien écrite. En découvrant les comédiens sur le tournage, j’ai retrouvé tous les personnages de la lecture. La preuve qu’il n’y a pas eu d’erreur de casting. Quoique... Il en existe peut-être une seule : moi (rires) ! Car, pour le coup, Suzanne est vraiment un rôle de composition.

C’est ce qui vous a interpellée chez ce personnage ?
Oui. Pour les comédiens, les rôles de composition sont évidemment très intéressants à jouer. Lorsqu’on découvre Suzanne, on peut d’emblée la trouver antipathique. Mais, au fil des épisodes, on finit par comprendre que derrière son apparente dureté se cache une vraie blessure. En tant que comédienne, il était intéressant de parvenir à orienter Suzanne, par moments, sur le chemin de la sympathie. D’être deux femmes. Suzanne n’est pas que « méchante ». Elle peut même devenir très émouvante...

Suzanne est quand même très dure, surtout avec sa propre fille, Gabrielle. Parvenez-vous à comprendre ce comportement ?
Oui, je pense pouvoir la comprendre.
Car j’ai connu quelqu’un qui a perdu un enfant.
Cette maman avait un garçon qui lui demandait beaucoup de temps : un gosse très accaparant. Sa petite sœur s’est suicidée. Suite à ce drame, et malgré elle, la mère n’a pu s’empêcher d’en vouloir à son petit, à celui qui était là, vivant.
En ce qui concerne Suzanne et Gabrielle, c’est la même chose. Lorsqu’elle s’explique avec sa fille, Suzanne avoue lui avoir reproché la mort d’Isaure. Une chose affreuse, sans doute plus forte que sa raison.

Qu’est-ce qui amène Suzanne à enfin crever l’abcès avec Gabrielle ?
L’élément déclencheur est qu’à travers la dernière génération, l’histoire se reproduit. La mort d’Anaïs dans le lac ; Elena - la fille de Gabrielle - qui se retrouve enceinte, comme Isaure quelques années auparavant. En ce qui concerne la grossesse de sa petite-fille, Suzanne, nourrie de ses erreurs, est désormais beaucoup plus apte à comprendre. Elle est alors capable de conseiller Gabrielle sur l’attitude à adopter avec sa fille : ne surtout pas décider pour elle.

Le Miroir de l’eau met en scène toute une génération de femmes. Un aspect de la fiction qui vous a aussi séduite ?
Bien sûr. D’autant plus que j’ai grandi au cœur d’une génération de femmes : mon arrière grand-mère, ma grand-mère et ma mère. Enfin, ce n’était pas tout à fait la même chose. On vivait dans un coron, dans le Nord, et on était loin d’avoir des vignobles ! J’ai donc été élevée par ces trois femmes. Des femmes battantes. Une question de survie pendant l’Occupation.

Quant au côté fantastique de la fiction, vous y avez été sensible ?
Et comment ! Dans la vie, j’ai quelques fétiches : la couleur bleue, le chiffre 8... Un tas de petites superstitions, comme ça, alors qu’il y a encore dix ans, je ne croyais pas du tout aux « signes ».

Et qu’est-ce qui fait que vous y croyez aujourd’hui ?
Lors des tous derniers moments de la vie de Loulou, mon mari, il ne parlait presque plus.
Nous nous comprenions par signes. Le lendemain de l’enterrement, je tournais Les Filles du Lido. Jean Sagols me montre le décor : la loge d’une chef habilleuse. Les chefs habilleuses - généralement des ex-danseuses ou des anciennes mannequins de revue - accrochent toujours autour de leur miroir des photos de leurs plus forts souvenirs. Avec la complicité de mon collaborateur, j’ai moi aussi installé toute ma vie autour de cette glace : mes photos avec Joséphine Baker, Maurice Chevalier...
L’une d’elle datait de ma rencontre avec Loulou. Il m’avait photographiée en danseuse, à la barre, en train de faire des pointes. Emue, j’en parle à Jean avant de quitter la pièce. A ce moment là, dans ma tête, je demande à Loulou de me donner du courage. A peine sortis, un bruit de verre cassé retentit. Je retourne dans la loge et je découvre avec stupeur, au sol, la photo qui s’était détachée. J’ai pris cet événement pour un signe.
Et depuis, ils se multiplient. Ces phénomènes « paranormaux » sont certes du domaine de l’inimaginable. Mais n’existe-t-il pas une foule de choses inimaginables ? L’infiniment grand, l’infiniment petit... Moi qui étais cartésienne, je crois que désormais tout reste possible.

Pour Le Miroir de l’eau, dans un autre genre, il m’est aussi arrivé une chose étrange. Avant le tournage - alors que je ne sais pas encore si j’y participe - je me rends dans mon petit village dans le Nord de la France, Nieppe (commune de 7551 habitants, ndlr). Je m’apprête à passer devant mon ancienne maison quand le téléphone se met à sonner. C’est Edwin. Il m’annonce la bonne nouvelle attendue. En plaisantant, je lui lance « Je suis à Nieppe ! Vous ne connaissez sûrement pas ! ». « Je suis de Nieppe », m’annonce-t-il. Etrange coïncidence, non ?¨

Propos recueillis par Céline Boidin et Amélie de Vriese

Commentaires

Répondre à cet article

Twitter