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TNT : Le CSA « globalement satisfait »...

Télévision

Le CSA a publié le 28 septembre 2006 sur son site le bilan des chaînes privées de la TNT pour l’année 2005. Lors de la conférence de presse durant laquelle ont été annoncés ces résultats, Dominique Baudis, président du Conseil, s’est félicité que les obligations de ces chaînes aient été « globalement respectées », même si une mise en demeure a été adressée à TMC pour non-respect de ses obligations de diffusion et de production d’oeuvres audiovisuelles.

Le rappel des obligations

Le bilan commence par rappeler que toutes les chaînes n’ont pas les mêmes obligations. Celles-ci dépendent, en effet, du type de programme diffusé et de la convention.

Pour Direct 8, NRJ 12, NT1 et TMC, « le volume annuel de diffusion correspondant est [...] d’au moins 2 % du temps de diffusion annuel la première année. Ce pourcentage devra atteindre au moins 10 % du temps de diffusion annuel la neuvième année, à raison de 1 % supplémentaire chaque année. Un effort particulier est fourni aux heures de grande écoute ».

Pour Europe 2 TV, Gulli, BFM Tv et I>Télé, un avenant à la convention des chaînes devait être signé pour déterminer les obligations relatives au sous-titrage...

Pour W9, « l’éditeur s’efforce de développer, par des dispositifs adaptés, l’accès des personnes sourdes et malentendantes aux programmes diffusés ».

Le point du CSA pour l’année 2005

Rien. Inutile de tourner autour du pot, les chaînes de la TNT ne proposent pas de sous-titrage pour les sourds et les malentendants à l’exception de Direct 8, qui en 2005 « a tenté de mettre en place un sous-titrage spécifique pour les personnes sourdes ou malentendantes » d’après les termes du CSA. Pour information, actuellement une vingtaine d’heures de sous-titrage par mois (essentiellement la nuit) est disponible sur cette chaîne.

Des explications discutables

Voilà l’explication que l’on peut trouver dans le bilan du CSA :
« Pour justifier l’absence de programmes sous-titrés dans leurs grilles, l’ensemble des chaînes invoquent les problèmes techniques et financiers induits et l’inadaptation éventuelle du sous-titrage pour certains genres de programmes (particulièrement en ce qui concerne la musique ou les programmes jeunesse dans le cas de Gulli qui estime le dispositif de sous-titrage inadapté aux enfants) ».

Ces justifications sont très surprenantes puisque les chaînes se permettent de violer leurs engagements sans que le moindre repproche ne leur soit fait. Le CSA a mis en garde voire en demeure (pour TMC) les chaînes de respecter les quotas de fictions françaises mais ne fait aucun commentaire sur la situation alarmante du sous-titrage.

Sur le fond du dossier, il est intéressant de réfléchir sur certains points à commencer sur le « paradoxe Direct 8 ». C’est la chaîne qui propose le plus de direct et le plus de sous-titrage ! Le hic, c’est que les émissions sous-titrées sont les rediffusions programmées entre 1h et 6h du matin et donc peu accessibles. Un sous-titrage en direct étant, on peut le penser, inconcevable à court terme pour des raisons budgétaires, pourquoi les efforts ne sont-ils portés sur le sous-titrage des films, d’une part, et des émissions enregistrées, puisqu’il y en a quelques unes, d’autre part ? Cela serait un bon compromis pour l’instant.
NT1 et TMC diffusent essentiellement des fictions, d’ailleurs souvent multidiffusées. Elles semblent avoir plus de problèmes de mauvaise volonté que de problèmes technique... Ajoutons que TMC est diffusé en hertzien « classique » dans le sud est de la France, ce qui fait, ou plutôt ferait, une raison de plus pour sous-titrer ses programmes.
NRJ 12 et Europe 2 Tv sont à peu près dans la même situation même si elles diffusent plus de musique.
W9 ou comment le CSA s’est fait avoir... Au départ, c’est M6 music qui devait être diffusé sur la TNT. Vous vous souvenez peut-être de cette chaîne qui passait quasi-exclusivement des clips. Lorsqu’elle a été sélectionnée par le CSA pour la TNT, ses obligations en matière de sous-titrage étaient logiquement très légères. Mais M6 music est devenu W9, tout en conservant la convention de M6 music. Le problème, c’est que W9 n’est pas du tout un robinet à clips mais une mini-généraliste avec des séries et des émissions, qui, elles, pourraient êtres sous-titrées. Le plus regrettable (vous avez dit scandaleux ?) dans cette histoire, c’est que certaines séries sous-titrées par M6 sont reprises par W9 mais perdre leur sous-titrage...
À propros de BFM Tv et de I>Télé qui se jugent accessibles puisqu’elles diffusent un bandeau d’information, une rapide comparaison avec la chaîne canadienne d’information en continu RDI s’impose. Malgré ses 85% de programmes en direct, elle sous-titre 50% de son antenne... Rien à ajouter...
Le meilleur pour la fin avec Gulli qui ne sous-titre pas ses programmes car « le dispositif de sous-titrage est inadapté aux enfants ». Que faut-il en déduire ? a priori, que le public de Gulli est trop jeune et ne sait pas lire, pourtant le site de la chaîne précise qu’elle est « destinée aux 6-14 ans ». Vers les 7-8 ans, on commence à être à l’aise avec la lecture, non ? Il faudra aussi prévenir Gulli que francetélévisions (d’ailleurs actionnaire de la chaîne à 50%) sous-titre tous ses programmes jeunesse. Vous avez dit inadapté ?


À lire :
- Notre article publié en avril 2006 sur la politique des chaînes de la TNT pour le sous-titrage
- Le bilan 2005 des chaînes privées de la TNT sur le site du CSA
- La page de ce bilan consacrée au sous-titrage

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